• Depuis février 2015, un projet de plan local d'urbanisme (PLU) a été arrêté et transmis aux services de l'Etat pour avis. Ce projet sera ensuite soumis à enquête publique fin septembre ou début octobre 2015. Ce projet prévoit notamment le déclassement des espaces boisés (EBC) audunois qui encerclent la ville d'Audun-le-Tiche à l'ouest, au sud et à l'est de la localité. En outre, la municipalité a marqué des dizaines d'arbres au Calvaire pour les abattre alors qu'ils sont toujours protégés par ce classement.

    Nous sommes fermement opposés à ces deux opérations qui visent à détruire des forêts placées sous protection depuis le début des années 1980.

    Ces forêts constituent un lieu de détente très prisé des Audunois.

    Ce sont également des espaces où la biodiversité peut se développer sans entrave en lisière d'autres zones protégées voisines :

    - Carrière du Quart en réserve à Audun-le-Tiche (plus de cinq hectares surveillés par le Conservatoire des Espaces Naturels de Lorraine) ;

    - Réserve naturelle luxembourgeoise d'Ellergronn.

    En outre, nos forêts à flanc de coteau limitent efficacement l'érosion des sols et les coulées de boue en cas de fortes pluies.

    Enfin, elles luttent efficacement contre la pollution générée par l'intense trafic transfrontalier passant par notre ville en utilisant le dioxyde de carbone pour sa photosynthèse.

    Pour toutes ces raisons, le Forum invitent tous les amoureux de nos forêts à signer la pétition mise en ligne afin de sensibiliser la population et nos élus au danger que représentent ces décisions.

    Voici le lien pour la signer et la partager autour de vous :

    Pétition Non au déclassement des EBC audunois et à l'abattage des arbres du Calvaire

    Voici la pétition écrite que vous pouvez utilisez pour faire signer votre entourage. Il vous suffit d'appeler ou de nous envoyer un mail pour que nous venions récolter les listes à votre domicile :


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  • Synthèse de l’étude relative au projet d’exploitation d’une carrière de calcaire sur le territoire communal d’Audun le Tiche

     

    1. Risques identifiés à probabilité non négligeable

     

    1-1 Contexte minier

     

    L’étude d’impact COGESUD et l’évaluation environnementale réalisée sur la base du dossier COGESUD, relativement à l’exploitation d’une carrière de matériaux calcaires et d’une installation de traitement de ces matériaux sur le territoire de la commune d’Audun le Tiche, permettent d’identifier un nombre significatif de risques potentiels et de nuisances environnementales, propres à remettre en cause ce projet, à savoir :

    - le site envisagé est directement concerné par le Plan de Prévention des Risques Miniers ( PPRM ) ; en effet la carrière serait implantée non seulement sur un plateau calcaire de type karstique mais aussi à l’aplomb d’une zone d’aléas miniers révélant une zone jaune mais surtout une zone rouge classée à forte probabilité d’affaissement ;

    - plus grave encore l’étude GEODERIS des aléas miniers met en évidence une zone à effondrement brutal située à proximité immédiate de la partie SUD de la carrière en question ;

    - il faut savoir par ailleurs que les travaux miniers situés à l’aplomb de la zone d’exploitation de la carrière projetée sont à la fois anciens et situés à faible profondeur (un maximum de 130 mètres) ;

    - chacun peut dès lors comprendre que les terrains situés entre la surface et les galeries et piliers miniers aient été déjà plus ou moins fragilisés à l’époque (fissurations) or il est annoncé que la profondeur d’exploitation de la carrière pourrait atteindre 35 mètres qui seraient alors à déduire de cette faible hauteur de recouvrement : épaisseur qui doit être considérée à la fois comme faible et constituée de terrains plus ou moins homogènes, réputés déjà partiellement altérés et qui seraient à nouveau ébranlés par des tirs répétés à l’explosif !

     

    1-2 Ressources d’eau potable

     

    - Le site envisagé est également concerné par 2 périmètres de protection de captages d’alimentation en eau potable pour l’exhaure Saint Michel à Audun le Tiche d’une part et pour le bassin du Puits François d’autre part ; il s’agit de 2 captations d’eaux claires en tant que ressources pour Audun le Tiche et les communes environnantes, imposées par arrêté préfectoral et confectionnées par l’exploitant minier avant la fermeture définitive de ses mines.

    . Le captage de Saint Michel est principalement alimenté par une ressource d’eau souterraine récupérée « gravitairement » depuis la mine d’Ottange, le long d’une courbe de niveau et canalisée par une série de barrages en agglos cimentés jusqu’à la station de pompage de Saint Michel ; un certain nombre de ces barrages, ceux proches de la zone d’influence des tirs de la carrière, risqueraient alors d’être ébranlés car la propagation des ondes de choc serait grandement favorisée par la nature géologique de la roche dure.

    . Le captage du bassin Puits François se trouve, lui, plus au SUD et récolte les autres eaux souterraines s’écoulant « gravitairement » du NORD vers le SUD du gisement et dont une grande partie passe précisément sous le site d’implantation de la carrière projetée ou bien à proximité.

    => Le risque encouru pour le captage Saint Michel réside tout simplement dans l’altération par l’onde de choc des tirs d’un ou de plusieurs barrages occasionnant alors des fuites voire la destruction de ceux-ci à plus ou moins long terme, ce qui conduirait à la quasi disparition de la ressource d’eau de Saint Michel qui ne serait alors plus maîtrisée

    => Le captage des eaux souterraines du Puits François, quant à lui, risque d’être pollué par les produits liés à l’exploitation de la carrière (explosifs, hydrocarbures ou autres déchets…) par infiltration dans des fissures supplémentaires ou microfailles élargies par l’exploitation de la carrière , recoupant les bancs calcaires et marneux séparant le fond de carrière des travaux miniers proches dans ce secteur.

     

    Il est encore à noter que les détériorations immédiates ou différées évoquées ci-dessus présentent un caractère pratiquement irréversible car en effet il serait difficilement envisageable de réparer un quelconque dommage, dans le domaine minier aujourd’hui abandonné, tant sur le plan technique que sur le plan économique. Cela conduirait à la perte d’une grande partie de la ressource en eau de Saint Michel et à une altération durable de la qualité des eaux du Puits François alimentant une grande partie du Pays-Haut.

     

    1-3 Réseaux de surface

     

    - On ne peut ignorer par ailleurs le risque évident induit par une activité industrielle en général et notamment d’une exploitation de matériaux par abattage à l’explosif située en limite d’un gazoduc ; risque de destruction partielle par l’effet des ondes de choc créées par la déflagration des tirs, par les vibrations d’engins ou bien encore par la projection des produits abattus

    - On ne doit pas sous estimer encore la présence d’autres réseaux à proximité de cette exploitation : en souterrain sous la RD16 (réseaux d’eau potable et haut-débit), en aérien (ligne France Télécom) et installations agricoles très proches telles que bâtiments de ferme et fosses à lisier (enterrées), ces dernières présentant un potentiel de pollution élevé en cas de fissuration.

     

    - De même, les productions journalières annoncées de la carrière laissent augurer un accroissement sensible du trafic routier par la rotation de nombreux camions de la carrière, sur la RD16 (sous dimensionnée à ce jour), axe réputé dangereux et déjà saturé à certaines heures par le trafic transfrontalier ; quid de l’impossibilité d’utilisation probable de cet axe routier par les usagers, au moment des tirs à l’explosif (route barrée !) notamment par rapport au passage indispensable de véhicules prioritaires en cas d’urgence (SAMU, pompiers, police, gendarmerie … ) ?!

     

    2. Nuisances

     

    - Hormis les nuisances sonores in situ liées à l’exploitation de la carrière elle-même (tirs, engins, station de traitement des matériaux…), nous ne devons pas négliger celles induites par les passages fréquents de camions (fréquence importante d’après les données de production journalière de calcaire annoncées) passant en ville ou dans les villages alentours car il est plus que probable que les trajets les plus courts seront alors empruntés malgré les diverses recommandations d’itinéraires mentionnés dans l’étude de faisabilité ; cela fut le cas maintes fois à Audun le Tiche avec un trafic poids lourds toujours intense et c’est encore le cas aujourd’hui malgré une signalisation … peu respectée.

    A ce propos, il est à noter que la route nouvelle dite «  Déviation d’Audun ou Pénétrante » est à ce jour inachevée et qu’elle doit par conséquent être considérée comme voie intra urbaine et ceci pour une durée indéterminée…

    - Il est à craindre également que sous l’effet du climat du Pays Haut, l’intense circulation de poids lourds conduise à une dégradation rapide des axes routiers anciens ou nouveaux. Qui paiera ces dégradations ?

    - Quid des poussières générées par la carrière notamment par rapport aux habitations les plus proches ou lors du passage des camions en ville ?

    - Quid des effets des fumées toxiques liées à l’utilisation de l’explosif ou à l’émission de gaz d’hydrocarbures au voisinage des zones habitées et d’activités agricoles ou autres sur les hommes et les animaux ?

    Tout ce qui précède s’inscrirait malheureusement sur du long terme …

    - Sur une très longue période d’exploitation potentielle (30 années de réserves de calcaire), a-t-on bien mesuré l’impact écologique d’une telle production eu égard à la faune et à la flore.

     

    3. Conclusions

     

    La liste des principaux risques et nuisances énoncés ci-dessus n’est assurément pas exhaustive.

    Néanmoins, force est de constater, eu égard à ce qui précède, que l’implantation d’une exploitation de carrière telle que décrite dans les études disponibles est de par sa nature, incompatible, ici avec un environnement de surface et souterrain à risques particuliers, bien identifiés et à probabilité non négligeable.

    Nous sommes surpris que les trop nombreux risques et nuisances identifiés aient été à ce point sous estimés, voire volontairement minimisés, au point même d’utiliser le vocable d’ « enjeu » au lieu du mot risque, au sein du document d’évaluation environnementale transmis par le Préfet de Région.

    L’exploitation de la carrière, sur le site choisi, dans ce contexte pour le moins complexe et préoccupant tel que nous le décrivons ci-dessus, n’offre aucune garantie quant aux risques et nuisances mis en évidence précédemment et présente même de réels dangers suivant des scénarios graves voire irréversibles concernant par exemple la question de l’eau et dont la probabilité de survenance ne doit pas être négligée, ce qu’admet implicitement le document de la Préfecture de Région.

    Le rapport profits/inconvénients du projet de carrière est assurément très défavorable car il ne crée que peu de richesses pour la collectivité compte tenu des risques et nuisances potentiellement graves et couteux induits par cette exploitation.

    C’est pourquoi le principe de précaution doit ici s’appliquer. Il nous conduit à nous opposer au projet de carrière calcaire tel qu’il nous a été présenté.

    Une autre implantation, dans un contexte infiniment plus favorable, est possible pour l’exploitation du calcaire sur ce plateau.

     

    Audun le Tiche, le mardi 18 novembre 2014

     

    Étude réalisée par Jean-Louis MARTIN

    Ingénieur des Mines, ancien Directeur Technique de la Mine des Terres Rouges à Audun le Tiche

    Pour le compte du

    Forum Citoyen Audunois

     

     

     

     


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