• Synthèse de l’étude relative au projet d’exploitation d’une carrière de calcaire sur le territoire communal d’Audun le Tiche

     

    1. Risques identifiés à probabilité non négligeable

     

    1-1 Contexte minier

     

    L’étude d’impact COGESUD et l’évaluation environnementale réalisée sur la base du dossier COGESUD, relativement à l’exploitation d’une carrière de matériaux calcaires et d’une installation de traitement de ces matériaux sur le territoire de la commune d’Audun le Tiche, permettent d’identifier un nombre significatif de risques potentiels et de nuisances environnementales, propres à remettre en cause ce projet, à savoir :

    - le site envisagé est directement concerné par le Plan de Prévention des Risques Miniers ( PPRM ) ; en effet la carrière serait implantée non seulement sur un plateau calcaire de type karstique mais aussi à l’aplomb d’une zone d’aléas miniers révélant une zone jaune mais surtout une zone rouge classée à forte probabilité d’affaissement ;

    - plus grave encore l’étude GEODERIS des aléas miniers met en évidence une zone à effondrement brutal située à proximité immédiate de la partie SUD de la carrière en question ;

    - il faut savoir par ailleurs que les travaux miniers situés à l’aplomb de la zone d’exploitation de la carrière projetée sont à la fois anciens et situés à faible profondeur (un maximum de 130 mètres) ;

    - chacun peut dès lors comprendre que les terrains situés entre la surface et les galeries et piliers miniers aient été déjà plus ou moins fragilisés à l’époque (fissurations) or il est annoncé que la profondeur d’exploitation de la carrière pourrait atteindre 35 mètres qui seraient alors à déduire de cette faible hauteur de recouvrement : épaisseur qui doit être considérée à la fois comme faible et constituée de terrains plus ou moins homogènes, réputés déjà partiellement altérés et qui seraient à nouveau ébranlés par des tirs répétés à l’explosif !

     

    1-2 Ressources d’eau potable

     

    - Le site envisagé est également concerné par 2 périmètres de protection de captages d’alimentation en eau potable pour l’exhaure Saint Michel à Audun le Tiche d’une part et pour le bassin du Puits François d’autre part ; il s’agit de 2 captations d’eaux claires en tant que ressources pour Audun le Tiche et les communes environnantes, imposées par arrêté préfectoral et confectionnées par l’exploitant minier avant la fermeture définitive de ses mines.

    . Le captage de Saint Michel est principalement alimenté par une ressource d’eau souterraine récupérée « gravitairement » depuis la mine d’Ottange, le long d’une courbe de niveau et canalisée par une série de barrages en agglos cimentés jusqu’à la station de pompage de Saint Michel ; un certain nombre de ces barrages, ceux proches de la zone d’influence des tirs de la carrière, risqueraient alors d’être ébranlés car la propagation des ondes de choc serait grandement favorisée par la nature géologique de la roche dure.

    . Le captage du bassin Puits François se trouve, lui, plus au SUD et récolte les autres eaux souterraines s’écoulant « gravitairement » du NORD vers le SUD du gisement et dont une grande partie passe précisément sous le site d’implantation de la carrière projetée ou bien à proximité.

    => Le risque encouru pour le captage Saint Michel réside tout simplement dans l’altération par l’onde de choc des tirs d’un ou de plusieurs barrages occasionnant alors des fuites voire la destruction de ceux-ci à plus ou moins long terme, ce qui conduirait à la quasi disparition de la ressource d’eau de Saint Michel qui ne serait alors plus maîtrisée

    => Le captage des eaux souterraines du Puits François, quant à lui, risque d’être pollué par les produits liés à l’exploitation de la carrière (explosifs, hydrocarbures ou autres déchets…) par infiltration dans des fissures supplémentaires ou microfailles élargies par l’exploitation de la carrière , recoupant les bancs calcaires et marneux séparant le fond de carrière des travaux miniers proches dans ce secteur.

     

    Il est encore à noter que les détériorations immédiates ou différées évoquées ci-dessus présentent un caractère pratiquement irréversible car en effet il serait difficilement envisageable de réparer un quelconque dommage, dans le domaine minier aujourd’hui abandonné, tant sur le plan technique que sur le plan économique. Cela conduirait à la perte d’une grande partie de la ressource en eau de Saint Michel et à une altération durable de la qualité des eaux du Puits François alimentant une grande partie du Pays-Haut.

     

    1-3 Réseaux de surface

     

    - On ne peut ignorer par ailleurs le risque évident induit par une activité industrielle en général et notamment d’une exploitation de matériaux par abattage à l’explosif située en limite d’un gazoduc ; risque de destruction partielle par l’effet des ondes de choc créées par la déflagration des tirs, par les vibrations d’engins ou bien encore par la projection des produits abattus

    - On ne doit pas sous estimer encore la présence d’autres réseaux à proximité de cette exploitation : en souterrain sous la RD16 (réseaux d’eau potable et haut-débit), en aérien (ligne France Télécom) et installations agricoles très proches telles que bâtiments de ferme et fosses à lisier (enterrées), ces dernières présentant un potentiel de pollution élevé en cas de fissuration.

     

    - De même, les productions journalières annoncées de la carrière laissent augurer un accroissement sensible du trafic routier par la rotation de nombreux camions de la carrière, sur la RD16 (sous dimensionnée à ce jour), axe réputé dangereux et déjà saturé à certaines heures par le trafic transfrontalier ; quid de l’impossibilité d’utilisation probable de cet axe routier par les usagers, au moment des tirs à l’explosif (route barrée !) notamment par rapport au passage indispensable de véhicules prioritaires en cas d’urgence (SAMU, pompiers, police, gendarmerie … ) ?!

     

    2. Nuisances

     

    - Hormis les nuisances sonores in situ liées à l’exploitation de la carrière elle-même (tirs, engins, station de traitement des matériaux…), nous ne devons pas négliger celles induites par les passages fréquents de camions (fréquence importante d’après les données de production journalière de calcaire annoncées) passant en ville ou dans les villages alentours car il est plus que probable que les trajets les plus courts seront alors empruntés malgré les diverses recommandations d’itinéraires mentionnés dans l’étude de faisabilité ; cela fut le cas maintes fois à Audun le Tiche avec un trafic poids lourds toujours intense et c’est encore le cas aujourd’hui malgré une signalisation … peu respectée.

    A ce propos, il est à noter que la route nouvelle dite «  Déviation d’Audun ou Pénétrante » est à ce jour inachevée et qu’elle doit par conséquent être considérée comme voie intra urbaine et ceci pour une durée indéterminée…

    - Il est à craindre également que sous l’effet du climat du Pays Haut, l’intense circulation de poids lourds conduise à une dégradation rapide des axes routiers anciens ou nouveaux. Qui paiera ces dégradations ?

    - Quid des poussières générées par la carrière notamment par rapport aux habitations les plus proches ou lors du passage des camions en ville ?

    - Quid des effets des fumées toxiques liées à l’utilisation de l’explosif ou à l’émission de gaz d’hydrocarbures au voisinage des zones habitées et d’activités agricoles ou autres sur les hommes et les animaux ?

    Tout ce qui précède s’inscrirait malheureusement sur du long terme …

    - Sur une très longue période d’exploitation potentielle (30 années de réserves de calcaire), a-t-on bien mesuré l’impact écologique d’une telle production eu égard à la faune et à la flore.

     

    3. Conclusions

     

    La liste des principaux risques et nuisances énoncés ci-dessus n’est assurément pas exhaustive.

    Néanmoins, force est de constater, eu égard à ce qui précède, que l’implantation d’une exploitation de carrière telle que décrite dans les études disponibles est de par sa nature, incompatible, ici avec un environnement de surface et souterrain à risques particuliers, bien identifiés et à probabilité non négligeable.

    Nous sommes surpris que les trop nombreux risques et nuisances identifiés aient été à ce point sous estimés, voire volontairement minimisés, au point même d’utiliser le vocable d’ « enjeu » au lieu du mot risque, au sein du document d’évaluation environnementale transmis par le Préfet de Région.

    L’exploitation de la carrière, sur le site choisi, dans ce contexte pour le moins complexe et préoccupant tel que nous le décrivons ci-dessus, n’offre aucune garantie quant aux risques et nuisances mis en évidence précédemment et présente même de réels dangers suivant des scénarios graves voire irréversibles concernant par exemple la question de l’eau et dont la probabilité de survenance ne doit pas être négligée, ce qu’admet implicitement le document de la Préfecture de Région.

    Le rapport profits/inconvénients du projet de carrière est assurément très défavorable car il ne crée que peu de richesses pour la collectivité compte tenu des risques et nuisances potentiellement graves et couteux induits par cette exploitation.

    C’est pourquoi le principe de précaution doit ici s’appliquer. Il nous conduit à nous opposer au projet de carrière calcaire tel qu’il nous a été présenté.

    Une autre implantation, dans un contexte infiniment plus favorable, est possible pour l’exploitation du calcaire sur ce plateau.

     

    Audun le Tiche, le mardi 18 novembre 2014

     

    Étude réalisée par Jean-Louis MARTIN

    Ingénieur des Mines, ancien Directeur Technique de la Mine des Terres Rouges à Audun le Tiche

    Pour le compte du

    Forum Citoyen Audunois

     

     

     

     


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  • Veuillez trouver ci-dessous l'information sur la semaine contre la faim, menée dans le cadre de l'année européenne de l'agriculture familiale, soutenue par Attac.
     
     

    Conférence et cocktail dînatoire, artisanal, responsable et régional!

     


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  • Article du Républicain Lorrain du dimanche 16 novembre 2014

     

    La discussion


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  •  La carrière

    Décision de Mme Roser, commissaire enquêteur, de proroger l'enquête publique ainsi que d’organiser une réunion publique le 19 novembre 2014 à 18h00 dans les locaux de la MJC ( 31 rue Leclerc  57390 AUDUN LE TICHE ).

     

    Venez Nombreux

     


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  • Vendredi 31 octobre 2014 à 19h30 s'est tenue la première réunion publique organisée par Forum Citoyen Audunois.

    Le président de l'association, M. Pireaux, démarre la réunion en présentant l'association en rappelant le contexte de sa création et ses buts.

    Après cette courte introduction, les thèmes sont lancés :

    1- La future carrière d'Audun-le-Tiche. C'est le sujet brûlant du moment puisque l'enquête publique arrive à terme le 28 novembre prochain. Une réunion publique s'est tenue le 29 octobre dernier ... mais à Villerupt ! Vu les risques et les contraintes futurs, deux intervenants parmi la population souhaiteraient une réunion publique à Audun avec les personnes concernées, à savoir : COGESUD (société porteuse du projet), le maire, l'enquêteur, les riverains et des experts indépendants spécialisés en géologie. Le Forum s'associe à cette demande. (nous apprenons qu'une réunion est organisée pour le 19 novembre 2014 à 18h00 à la MJC)

    2- L'heure périscolaire et la cantine scolaire. Ce premier échange a mis en avant l'inutilité de cette heure dans son application concrète et son coût pour les familles. Les mères de famille présentes ne comprennent pas pourquoi cela n'a pas été mieux réfléchi alors que la commune avait un an pour préparer l'application de cette réforme. Elles soulignent également que les frais de scolarité de leurs enfants se sont sensiblement accrues. En cause : promesse de la gratuité de l'heure périscolaire non tenue et coûts de restauration exorbitants (jusqu'à 10,92 € par repas). Les membres du Forum considèrent ce sujet essentiel et propose qu'une véritable concertation soit engagée entre parents d'élèves, le corps enseignants, la MJC et la municipalité.

    3- L'eau, c'est richesse qu'on nous envie tant. Le contrat avec Veolia a été reconduit pour un an (terme : fin 2015). Audun se trouve sur une zone qui contient des millions de mètres cube d'eau. Thionville lorgne sur ce bassin pour ses besoins et verrait d'un très bon oeil la création d'une énorme régie dans la laquelle notre ville n'aura que peu de poids. Le Forum propose que notre ville conserve la maîtrise de cette ressource précieuse et propose la constitution d'une régie intercommunale avec les communes avoisinantes. Outre cette maîtrise nous permettant par exemple de vendre notre eau au Luxembourg, nous pourrions en profiter pour baisser le montant de la facture des habitants.

    4- Les collections archéologiques et historiques de la SAHLA. Ces collections sont hélas soustraites à la vue du public faute d'action concrète de la municipalité pour leur assurer un lieu d'exposition pérenne. Le projet du temple a été abandonné par la municipalité en raison du coût et des contraintes supposées pour un tel lieu. Ce fut l'occasion d'informer la population sur un projet similaire ayant abouti dans l'Ariège. Les participants s'accordent sur la nécessité de présenter ces collections au public dans un lieu qui soit le plus économe possible. D'où la proposition d'utiliser une construction neuve répondant aux normes actuelles et sur un terrain appartenant à la commune et à proximité des sites archéologiques. Le Forum travaillera dans ce sens pour proposer une solution alternative.

    5- L'accord transatlantique. Un accord bilatéral est en cours de négociation entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union Européenne. Entériné suivant le projet diffusé sur internet, il sera dangereux pour tous les échelons hiérarchiques de l'Union jusqu'aux communes. Il instituera des tribunaux arbitraux indépendants des systèmes judiciaires nationaux. Ainsi, une commune pourra se voir traîner devant ces tribunaux si elle privilégie une entreprise locale plutôt qu'une multinationale qui jugerait son intérêt économique menacé. La commune a voté une motion contre ce projet. Une conférence sera organisée par le forum soit en fin d'année ou en début d'année prochaine. Celle-ci traitera également d’autres projets d’accords de libre échange en cours, tels que les traités CETA et TISA.

    La réunion s'est clôturée vers 22h45 sur la promesse de futures actions. L'association réfléchit à la mise en place d'un agenda.


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